Géographie

Notre Patrimoine géographique.

Les Larris

« Nous remercions le Conservatoire des Sites Naturels de Picardie pour son aimable concours »

Le terme picard  » larris  » désigne les maigres et arides pâturages à moutons qui occupaient jadis la plupart des coteaux crayeux de nos vallées. Ces terrains en pente où affleure la craie attirent le regard depuis le fond des vallées et offrent de belles perspectives depuis leurs sommets. Leur végétation caractéristique jaunit avec la sécheresse estivale et recèle une faune et une flore particulièrement riches et variées. Depuis plusieurs décennies, le déclin des pratiques pastorales sur ces espaces aboutit à un embroussaillement et un boisement progressifs de ces espaces, désormais menacés de disparition dans notre région.

Le larris de Bourdon, bien que n’étant plus pâturé depuis plusieurs dizaines d’années, connaît jusqu’à présent un envahissement peu marqué par les arbustes. 
Cependant, une végétation dominée par des herbes denses et hautes, appelée « ourlet » recouvre la majorité du site. 
Cet ourlet voit la prédominance d’une graminée, le Brachypode penné dont les touffes recouvrent la flore typique du larris.

Ceci correspond au premier stade d’évolution d’une pelouse abandonnée qui accueille une diversité floristique moins importante que les pelouses rases. A la faveur de secteurs entretenus par les lapins ou des éboulements, une végétation pionnière se maintien et offre des conditions favorables à certaines plantes typiques des larris.

 

 

Les espèces végétales
L’Hippocrépide fer-à-cheval 
L’Hippocrépide fer-à-cheval est caractéristique des larris où ses floraisons jaunes forment des tapis plus ou moins importants au sein des pelouses thermophiles. De la famille des pois (famille des Fabacées), il tire son nom de ses fruits qui sont des gousses courbes aux segments en forme de fer à cheval. L’Hippocrépide est un élément essentiel pour la nourriture de nombreuses espèces remarquables de papillons, et notamment les Azurés.
L’Orchis bouc 
Orchidée de couleur beige, l’Orchis bouc se remarque par sa taille souvent importante (jusqu’à 80 cm de haut) et la forme particulière de son label (partie antérieure de la fleur). Celui-ci prend la forme d’une lanière faisant vaguement penser à la barbichette d’un bouc, à moins que son nom ne lui vienne plutôt de la désagréable odeur de ses fleurs.
Origan
Quelques plantes culinaires et aromatiques comme l’Origan, le Serpolet ou la Verveine profitent des conditions particulières offertes par ce versant crayeux. L’Origan ou Marjolaine sauvage forme de belles touffes de fleurs d’un rose plus ou poins intense. Quant au Serpolet, il s’étend en tapis plus ou moins dense violacé ou rose sur les zones entretenues par les lapins ou sur les fourmilières.

Le Sisymbre couché 
Le Sisymbre couché est une petite crucifère (fleur à quatre pétales) aux fleurs blanches très discrètes qui se développe au pied des éboulis crayeux. C’est une espèce très rare en Picardie et protégée en France. Le site de Bourdon compte parmi les 5 localités picardes abritant l’espèce. C’est également la seule station actuelle dans le département de la Somme.

L’Aubépine
Petit arbuste aisément reconnaissable, l’Aubépine a une écorce gris clair lorsqu’elle vieillit et de jeunes rameaux ocre rouge au début de sa croissance. Cet arbuste figure parmi les premiers à fleurir au printemps et il offre aux oiseaux des grappes de fruits rouges dont ils se nourrissent avec l’arrivée des premiers froids quand les insectes ont disparu.

 

Les espèces animales
L’Argus bleu-céleste 
Ce papillon de petite taille, très visible grâce à ses ailes bleu intense, est intimement lié aux pelouses sèches. Comme de nombreux papillons de ce genre (les Azurés), l’espèce affectionne les pelouses rases, bien exposées et riches en fleurs. Les chenilles se nourrissent de petites légumineuses dont l’Hippocrépide fer-à-cheval. Deux générations se succèdent dans une année : – la première vole de la fin mai à juin, – la seconde d’août à septembre.
Le Criquet noir-ébène 
Les pelouses calcicoles abritent souvent de nombreux criquets et sauterelles. Les criquets se distinguent des sauterelles par leurs antennes beaucoup plus courtes. Le Criquet noir-ébène est facilement reconnaissable. De couleur générale noire, le mâle présente une ligne dorsale café au lait et la terminaison de son abdomen est rouge sanguin. Il affectionne les pelouses sèches rases et écorchées. L’espèce stridule de juillet à septembre.
Le Tarier pâtre
Facilement reconnaissable avec sa tête noire et sa poitrine orangée pour le mâle, le Tarier pâtre affectionne les milieux ouverts à la végétation basse mais ponctuée de buissons. Il y trouve un poste de guet et de chant qui lui permet de surveiller son territoire et de signaler sa présence. Il dissimule son nid dans des herbes élevées ou des buissons. Migrateur, le Tarier pâtre est de retour en Picardie au début du mois de mars excepté en Baie de Somme où il est visible toute l’année.

L’Hirondelle de rivage 
L’Hirondelle de rivage est la moins commune des hirondelles de notre région. Elle niche en colonie dans des terriers qu’elle creuse de son bec et de ses pattes. La colonie qui niche sur le site y trouve l’un de ses habitats caractéristiques : une couche de terre au sommet des carrières de craie. Cette espèce migratrice arrive fin mars à début avril et quitte notre région entre la fin septembre et le début octobre.

 



Les Marais

Les marais tourbeux 
L’extraction de la tourbe est à l’origine de la plupart des plans d’eau de la vallée de la Somme et de ses affluents. Cette extraction a débuté au Moyen-Age. L’activité des tourbiers s’est développée encore au XVIIIème siècle et s’est poursuivie jusqu’au début du XX ème siècle. Ces marais présentent une végétation particulière abritant une faune et une flore particulièrement riches et variées. Depuis au moins trois décennies, le déclin des pratiques d’entretien (fauche, plus rarement pâturage) a conduit à un embroussaillement de ces milieux, matérialisé notamment par un envahissement par les fourrés de saules.

Le marais du Château à Bourdon 
Les secteurs les plus remarquables sur le plan floristique sont principalement des radeaux de végétation flottants ou tremblants, dominés généralement par la Fougère des marais et la Laîche paniculée (grosses touffes de feuilles ressemblant à des graminées). Malgré la poursuite d’opérations d’entretien courant, une tendance à la banalisation de la végétation se dessine localement. L’évolution du marais semble marquée par une régression des roselières tourbeuses due peut-être à une dégradation de la qualité des eaux. La dynamique arbustive se caractérise par le développement de quelques jeunes saulaies et aulnaies. Le phénomène d’envasement est marqué et limite le développement des plantes aquatiques au coeur du plan d’eau.

Lien… Le Marais des cavins 
Le Marais des Cavins est localisé dans la moyenne vallée de la Somme, au cœur du lit majeur de la Somme. Le site naturel se situe dans le secteur de grand intérêt écologique et paysager. Il présente, en effet, une complémentarité paysagère et écotouristique avec le marais du Château et le larris…. 

 

pediculaire pigamon jaune sphaigne grenouille verteMartin pêcheur souchet

 

Les espèces végétales
La Pédiculaire des marais 
Avec ses fleurs roses et ses feuilles découpées faisant penser à une fougère, la Pédiculaire forme des petites colonies sur les tremblants à végétation rase, notamment entretenue par fauchage. De la famille des véroniques (Scrofulariacées), cette plante est très rare et menacée en Picardie, où elle occupe surtout les marais arrière-littoraux et quelques marais de la vallée de la Somme.
Le Pigamon jaune 
Caractéristique des prairies à hautes herbes (ou mégaphorbiaies) tourbeuses, le Pigamon est une Renonculacée assez fréquente sur l’ensemble des marais de la vallée. En pleine floraison (juin-juillet), les « pompons » jaunes de cette espèce attirent de nombreux insectes et notamment des papillons de nuit.

La Fougère des marais 
Cette fougère occupe la plupart des milieux tourbeux de la vallée, tant en contexte boisé que prairial. Ses frondes sont typiques, vertes-jaunâtres et finement découpées. Elle forme des tapis denses sur les radeaux de végétation flottants, qu’elle contribue à stabiliser. C’est aussi une des premières espèces à peupler les secteurs suite à un déboisement de fourrés de saules.

Le Saule cendré 
Cet arbuste aux feuilles assez courtes et plutôt ovales est l’un des premiers à fleurir au tout début du printemps. Il peut atteindre à maturité cinq ou six mètres de hauteur. Le Saule cendré est très présent sur l’ensemble des marais de la vallée car il s’étend suite au manque d’entretien des milieux humides.

Les Sphaignes 
Les sphaignes sont en quelque sorte des mousses de milieux tourbeux, qui apparaissent suite à une acidification du substrat superficiel. Elles se développent sur les radeaux de végétation flottants (ou tremblants) où elles peuvent constituer une véritable « moquette végétale ». Beaucoup d’espèces préfèrent l’ombrage alors que d’autres se multiplient lors d’une remise en lumière. Une parcelle du marais de Bourdon n’est composée que de tremblants de fougères et sphaignes. Un tel environnement est devenu rarissime !

 

Les espèces animales

L’Aeshne mixte 
Cette libellule d’assez grande taille est de couleur dominante bleu et noir est commune un peu partout dans la région. Elle vole de juillet à septembre et sillonne en long et en large son territoire en faisant de nombreuses allées et venues aux heures chaudes de l’après-midi.

Le Brochet 
Avec son museau pointu et sa mâchoire garnie de dents acérées, ce poisson est un carnassier redoutable, qui peut s’en prendre tant aux petits poissons qu’aux amphibiens ou à certains insectes aquatiques. Il joue un rôle certain de « nettoyeur » sur le marais.

La Grenouille verte 
Il faudrait plutôt dire les Grenouilles vertes car il existe des espèces très proches qui s’hybrident assez facilement entre elles. Effectivement de couleur verte mais présentant souvent des marbrures plus sombres, la grenouille verte est omniprésente sur les pièces d’eau peu profondes où elle est surtout active d’avril à octobre. néanmoins, nous constatons une diminution sensible de la population.

Le Blongios nain 
Ce petit héron rare en Picardie, menacé en Europe, est inféodé aux buissons de saules bordés de massifs de roseaux d’étendue variable. Il niche sur le marais du Château ou à proximité immédiate et peut être observé de mai à début septembre. Il est surtout repérable par son chant au crépuscule, sorte d’aboiement répété en longues séries et qui porte à au moins trois cents mètres de distance. Le Blongios se nourrit principalement de grenouilles et de petits poissons.

Le Martin-pêcheur 
Ce harponneur de petits poissons, bien répandu dans la vallée de la Somme (plans d’eau, cours d’eau) est bien reconnaissable avec son dos bleu éclatant et son ventre orangé vif. Le plus souvent, l’observation est furtive et il faut se contenter d’une flèche volant au ras de l’eau en émettant ses cris aigus. Il est sédentaire et fait son nid dans un trou de berge ou au niveau d’un ouvrage hydraulique.
Le Canard souchet 
Avec son bec en spatule et son ventre couleur chocolat, le Canard souchet est facile à identifier. Ce petit canard (espèce gibier) niche assez régulièrement sur le marais du Château où il se cantonne sur les secteurs les plus tranquilles et où la lame d’eau est peu profonde. Ce canard de surface peut être observé toute l’année mais la saison de reproduction démarre au mois d’avril. L’espèce se nourrit de plantes aquatiques et de quelques invertébrés.

Bien vivre ensemble à Bourdon